2  mois  dejà !

Nous sommes lundi 29 janvier 2018, ça fait deux mois pile que les derniers membres de la troupe sont arrivés au Vietnam et il s'en est passé depuis...

 

Nous nous sommes rencontrés, avons pris place les uns à côté des autres. Nous avons découvert le lac de Thac Ba, La Vie Vu Linh, notre beau théâtre.

 

Nous avons rencontré les voisins, commencé à planter les arbres promis grâce au financement participatif, apprivoisé les produits locaux pour cuisiner de bons petits plats pour dix-sept !

 

Les ateliers de cirque ont joyeusement rencontré leur jeune public d'apprentis jongleurs et acrobates.

 

Une structure est sortie d'un tas de tubes métalliques. Hier, elle s'est enfin dressée fièrement sur ses deux jambes et les acrobates s'y sont déjà merveilleusement suspendues ! Les voiles s'y accrochent et nous vous les montrerons bientôt !

 

Des clowns sont nés. Ils ont exploré et écrit leurs drames et sont montés, seuls, vraiment tout seuls, sur scène. Maintenant, les solos commencent à se tenir par la main et cette farandole dessine le spectacle ! La trame est là, comme une ossature sur laquelle tout le monde peu désormais s'appuyer. Et puis des costumes et des accessoires commencent à trouver leur place sur le corps des clowns et dans la narration. 

 

 En somme, Pétole ! est sur le point de naître. 

C'est  la  première  !

C'est le 10 février à 19h à La Vie Vu Linh qu'aura lieu la première de Pétole ! 
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Notre  Petite  musique

Chez vous, il y a sans doute une musique. Une petite musique familière. Une petite musique qui vous fait vous sentir chez vous. 

C'est peut-être la musique du CD resté bloqué dans la chaine hi-fi ou bien la voix de l'animateur de radio du matin, celle du soir. Ce sont peut-être les boum boum des voisins ou les vitres qui vibrent lorsqu'un bus passe dans la rue. Ou bien c'est cette playlist que vous usez chaque jour un peu plus tant que vous n'en êtes pas lassé ou alors cette petite musique c'est juste la présence de vos enfants qui jouent juste à côté...

Bref, le son du quotidien qui berce la vie, qu'on le veuille ou non.

 

En vivant à dix-sept sur des terres lointaines nous avons choisi d'écouter une nouvelle musique. Certains sons, dans quelques mois, quelques années, nous ramèneront ici, au bord du lac de Thac Ba, à l'époque où l'on fabriquait un spectacle avec dix-sept inconnus.

Ici, on chante beaucoup. On chante à la fin des repas de fête, dans le bus, sur le bateau qui nous ramène avec la structure jusqu'à La Vie Vu Linh, on chante sur le plateau, on chante sous les douches, on chante dans le dortoir, souvent un peu trop tard.

Il y a la musique des œufs au plat le matin quand certains sont encore au lit, il y a la musique des escaliers dont on reconnaît chaque grincement. Il y a la voix de ceux qui ne sont plus des inconnus : une symphonie de voix familières dans le quotidien. Il y a la petite musique du cliquetis des baguettes sur les bols, il y a le grongron des cochons qui se mêle à celui de la machine à coudre. Il y a les sons disparus de la disqueuse, des tronçonneuses, du groupe électrogène... qui ne nous manquent pas ! 

Ici, on écoute des musiques très étranges pendant les boums qui agitent les clowns ou pendant les entrainements physiques du matin... (On vous a concocté des petites playlists pour vous donner une idée de ce qu'on écoute... pendant les boums et pendant les entrainements!) 

Ici, on entend les instruments d'Anna et de Jules : accordéon, clarinette,
alto... Parfois même, Jules s'excuse de faire du « bruit » ce qui nous fait tous sourire car lorsqu'il fait chanter son accordéon c'est un peu de chez nous qui arrive jusqu'ici, à La Vie Vu Linh.

Ici, on découvre des sonorités encore inconnues... (Vous pouvez réécouter les enregistrements d'Amélia lors de son weekend à la campagne dans l'Asie Hebdo n°6)

 

Ici, il y a la musique qui commence à se répéter pour le spectacle. La musique qui travaille. Mais heureusement, il y a aussi la musique pour lâcher... pour danser, pour chanter à tue tête !




On construit pétole !

 

Charly vous parle du travail au plateau pour cette semaine. On apprend que les clowns se sont rencontrés, qu'ils travaillent désormais en choeur. L'attention est portée au rythme, au mouvement de groupe jusqu'à la construction de la trame. Les solos de chacun trouvent doucement leur place dans le spectacle. Les expérimentations commencent sur le plateau. Ça prend corps, ça prend du relief ! 


Objectif de cette semaine : apprendre à jouer à onze sur un plateau, après avoir exploré le seul en scène pendant quasiment un mois. Pas une mince affaire... Pour permettre au groupe de se relier et de trouver une énergie commune, j'amène le travail du chœur. Comment onze personnes, à l'écoute, peuvent respirer ensemble, se déplacer, accélérer, tanguer, bouger, chanter, danser... Un travail exigeant qui demande beaucoup de concentration. 

Le début est fastidieux, l'énergie n'est pas là, l'écoute est compliquée... d'autant plus quand j'invite les comédiens à enfiler leurs nez : un chœur de clowns, c'est beau, mais ça n'en fait qu'à sa tête ! On essaye, on rame, on s'épuise, mais on ne lâche pas. Et au fil des jours, le groupe commence à prendre et un chœur se crée sous mes yeux. Il vit, il grouille, il se déplace dans une course au ralenti, il tangue au gré des vagues, porte à bout de bras un corps, entonne "Drunken Sailor"... De belles choses apparaissent, mais le temps nous rattrape, il faut maintenant entrer dans le vif du sujet et construire les scènes collectives de notre Pétole !. Après un temps de recherche en improvisation un peu chaotique, nous trouvons finalement un fonctionnement adapté à l'équipe : travailler en petit groupe autonome sur des scènes et des transitions. Nous explorons également les duos et les trios, permettant à nos clowns de se rencontrer et de jouer ensemble.

 

En parallèle de ce travail, nous nous retrouvons à trois avec Charly et Renaud afin d'écrire la trame du spectacle à partir de toute la matière déjà existante : solos, dramaturgie de chaque personnage, histoire globale... S'entame alors un véritable casse-tête pour rendre tous ces petits fragments cohérents et vivants ensemble. Passionnant ! Après deux grosses sessions de travail, nous présentons à l'ensemble de l'équipe l'histoire de Pétole !. Plus qu'à la mettre sur scène...!



Dimanche 21 Janvier

Du  cirque  et  des  arbres

Ce dimanche les ateliers se dérouleront sous le soleil de la maison de Dang, chez qui nous avons passé une semaine. Après avoir découvert ses enfants dans notre quotidien, je souhaitai leur offrir un atelier « at home », avec au menu, création de balles de jonglage, que nous laisserons sur place, puis jongle et corde à sauter. Dang à invité une dizaine d’enfants, dont certains me sont déjà connus.

 

L’énergie était belle ! Une grande partie de la troupe est venue, pour prendre des photos, pour apprendre le jonglage, ou pour s’amuser avec nous et les enfants et participer tout simplement. C’est très agréable de voir tout ce monde s’animer ici. Cela apporte une autre couleur aux ateliers. Quelque chose de plus naturel et de moins figé, de plus vivant en somme. La corde à sauter nous offre un grand moment de rire avec les enfants, mais aussi la femme de Dang, Ben, et nous. Puis chaque groupe se dessine avec ses préférences, en massue, en cerceau ou en diabolo. Quel bonheur !

Pendant que l'atelier de cirque bat son plein, monsieur Dang et quelques membres de la troupe plantent des jacquiers. Ces arbres donnent d'énormes fruits que l'on doit décortiquer avant de pouvoir savourer des fruits plus petits, jaunes, à la texture ferme, presque caoutchouteuse et au goût de bonbons acidulés.

 

Le fait que Monsieur Dang parle si bien français est un régal. Il nous explique d'abord comme il gère son jardin : un petit potager 100% biologique d'une belle diversité et un grand terrain sur lequel il a commencé à planter des arbres fruitiers. Il entretient ce riche petit terrain sans aucun produit chimique et grâce au compost qu'il a mis en place. Au centre de cette région où la monoculture d'eucalyptus dévisage les montagnes, ce genre d'initiative personnelle fait l'effet d'un oasis.

Monsieur Dang s'improvise alors professeur de jardinage et avec un ton autoritaire et bienveillant il donne ses instructions et nous montre l'exemple :

avec des outils de sa fabrication, il nous demande de creuser un trou d'au minimum trente centimètres de profondeur pour environ soixante-dix de diamètre. A l'intérieur de ce trou nous mélangeons la terre au compost, puis nous préparons un trou plus petit à l'intérieur de ce mélange pour venir déposer le précieux petit arbre. Pour finir nous tassons la terre et arrosons. Il y a quelque chose d'émouvant à penser à la fois à nos amis qui, depuis la France et pour nous soutenir ont participé à ce moment il y a quelques mois et aux sourires de Leï et Dien lorsqu'ils dégusteront les premiers jack fruits d'ici quelques années... 


Je suis super contente d'avoir pu planter un arbre chez monsieur Dang pour Paco Malivet !

 J'espère que Gaby et Robin viendront voir leurs arbres et rencontrer Dien un jour...

J’ai pu planter un des arbres que j’avais promis de mettre en terre moi-même à mes amis. Mon premier arbre, dédié à Aimy, petite blonde de mon cœur, prendra racine face au lac, dans une maison pleine d’amour et de soleil.



Une scénographe à Hanoï

Samedi
Pour partir à Hanoï, Adélaïde, Silvann et moi marchons d'un pas tranquille sur le chemin de terre que le soleil d'hier a séché et la pluie d'aujourd'hui pas encore retrempé. Le bus dont nous n'avions pas l'heure arrive tout pile quand nous posons le pied sur le bitume !

Nous avons deux jours pour trouver de nombreux accessoires, des éléments de costumes ou le tissus pour les réaliser. J'ai fait, comme j'aime tant, des tableaux-plan d'attaque qui répertorient ce dont chacun a besoin et tout ce qu'on doit dénicher par type de magasin.


On commence en douceur, sans oser se lancer, et puis finalement : des animaux en caoutchouc qui font pouet-pouet, des nattes et un diadème, des chaussettes de foot, des sifflets, des brassards, des palmes... tout s'enchaine au gré de notre déambulation et nous sommes souvent les premiers surpris de nos trouvailles et achats.

Je négocie les prix, je souris, je patiente, je m'enthousiasme devant deux bouts de plastique, j'installe mon bureau dans une échoppe dans laquelle pousse un arbre et où la dame des lieux mange sa soupe sans me prêter attention. On a mal aux pieds, on s'amuse et les coïncidences s'enchainent.

 

Dimanche

De magasin en magasin, on trouve presque tout ce qu'il nous manquait ; la rue de la couture : perles, élastiques, trucs qui brillent et breloques ; le marché aux tissus et vêtements : du tissus à sirène et nageoires de sardines, du tissus à marinières ; le hasard des rues : des lanternes, un chapeau, une robe, de futures mitaines, du produit à bulles, une montre, une bague, un sac kitsch, des aigles articulés motorisés, de la dentelle.

 

Lundi

On se réveille tôt, on a même le temps de manger un phô avant de monter dans le bus où je dors comme un bébé à force d'écarquiller les yeux sur les vaches, les repiqueurs de riz, les rizières qui se remplissent d'eau, les maisons, les tombes.

Sur la route, nous apprenons que toute l'équipe va en bateau manger un phô à Phuc An avant de monter pour la première fois la structure 'sur ses deux jambes', le timing est parfait. Notre minibus croise leur colonne de mines réjouies et nous nous serrons fort les uns les autres. 



Cap sur Pétole !

La rubrique "cap sur Pétole !" a pour objectif de vous partager nos réflexions sur ce sujet. Dans le style qui lui est si particulier, Myriam nous propose le bateau qui est venu voguer dans son imaginaire depuis que la mer, la navigation et la marine font parties de notre quotidien. 



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